Zad Moultaka

Très tôt, Zad Moultaka commence l’étude du piano au Conservatoire National de Beyrouth. En 1986, il entre au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans les classes d’Aldo Ciccolini, Bruno Rigutto, Marie-Françoise Buquet et Christian Ivaldi.

Après deux premiers Prix à l’unanimité (piano et musique de chambre) et une année de perfectionnement, il entame une carrière de récitaliste. Il signe ses premières musiques pour le cinéma et le théâtre et se voit invité dans différentes salles prestigieuses européennes, notamment le Concertgebouw d’Amsterdam, la salle Gaveau, la salle Pleyel, le Théâtre de Bruxelles… Dans le même temps, il enregistre Brahms, Schubert et Fauré (Ed. Stil, Paris).

En 1993, Zad Moultaka met pourtant volontairement un terme à ce parcours de soliste international pour se consacrer exclusivement à la composition. Après une longue période de recherche et de questionnement, d’expérience et de compositions hantées par les contradictions et l’impossible synthèse entre l’écriture savante occidentale et les éléments de transmission orale arabe, et saluées par la critique pour leurs qualités de finesse, de profondeur, pour cet équilibre subtil entre ce qui appartient à une mémoire collective ancienne, presque indéchiffrable et le jaillissement d’une modernité porteuse de ces sédiments, Zad Moultaka se tourne sans équivoque vers le langage contemporain.

Depuis plusieurs années, Zad Moultaka a développé une collaboration musicale avec de nombreux ensemble prestigieux à travers le monde, notamment Ars Nova, Sillages, Accroche note, Musicatreize, le Netherland Radio Choir, l’ensemble Schönberg d’Amsterdam, le Nouvel Ensemble Moderne de Montréal et le chœur de chambre Les éléments.

Sa personnalité complexe le pousse à déchiffrer inlassablement les énigmes et les résistances qui surgissent en lui, à interroger l’histoire, la mémoire, le monde contemporain, à explorer les limites, les rêves, avec ce sentiment d’urgence propre aux créateurs. Il crée l’ensemble Mezwej en 2004, projet relevant d’une démarche d’expérimentation, de recherche et de création à travers un questionnement des cultures musicales orientales et occidentales, de la tension spécifique de l’écriture, du frottement entre écriture et oralité. En résidence trois ans à la Fondation Royaumont, entre 2007 et 2009, Mezwej entame une nouvelle saison entre Beyrouth, Paris et Marseille en 2012.

Catherine Peillon [x-12]