GO-CA: «Speed dating» artistique

Lundi 23 janvier 2012
Chaque organisme artistique rencontrait les gens d’affaires

Chaque organisme artistique rencontrait les gens d’affaires dans un «speed dating» enlevant, où chacun devait trouver le meilleur candidat pour un maillage réussi. Photo: Bruno Massenet

Nouveaux liens entre le milieu des affaires et celui de la création musicale

Une quarantaine d’avocats, fiscalistes, comptables et spécialistes des communications ont fait incursion dans l’univers des musiques de création l’espace d’une soirée. Ce «speed dating» artistique organisé par le Conseil des arts de Montréal (CAM) et Le Vivier s’est tenu le 16 janvier dernier à la Chapelle historique du Bon-Pasteur à Montréal.

Cette jonction de deux mondes se caractérise par le mentorat de Jacques Dostie chez Ernst & Young, Éric Gosselin chez McCarthy Tétrault, Guy Berthiaume chez Banque Scotia, Caroline Desvaux chez BleuBlancRouge, Yanik Deschenes à l’Association des agences de publicité du Québec ainsi que Pierrette Gingras du Le Vivier. «Nous avons réalisé la même expérience l’an dernier avec le milieu du théâtre et d’après le post-mortem qu’on a fait récemment, je peux dire que c’est un succès», affirme Jacques Dostie, responsable de l’activité auprès des gens d’affaires. «Cette soirée sera mémorable pour nos membres. Quelle frénésie, quelle ardeur et surtout quelle qualité de présence de la part de tous les intervenants, affirme avec enthousiasme la Présidente du Le Vivier Danielle Palardy Roger. Les jeunes gens du milieu des affaires m’ont semblé tous intéressés et intéressants, et nos organismes ont tous très hâte de les intégrer au sein de leur conseil d’administration.»

Le milieu des musiques nouvelles à Montréal jouit d’une effervescence qui ne se traduit pas toujours dans la structure et les finances des organismes. Le cumul des fonctions des membres — artistes, direction générale, direction artistique, financement, marketing, etc. — ne laisse pas assez de temps pour développer l’organisme à ses pleines capacités. Pour les jeunes professionnels, c’est une chance d’élargir leur réseau et de dénicher de nouvelles occasions d’affaires. Leur présence aux CA des compagnies artistiques apporte un nouveau regard qui permet d’approcher la gouvernance, la gestion et les objectifs de financement dans un tout nouveau paradigme. La jonction de deux mondes où chacun des participants était parrainé par un membre senior de sa compagnie.

Pour un plus grand rôle du privé

Selon les données de Statistique Canada de 2008, c’est 1,7 milliard de dollars qui ont été investis en culture au Québec. Avec 361 dollars pour chaque québécois, la province occupe le premier rang au Canada pour ce qui est de la dépense per capita. Inversement, le Québec se classe globalement comme la province où l’on récolte le moins de dons de bienfaisance. Non seulement le mécénat privé est plus faible au Québec, mais la culture se retrouve quatrième — derrière la santé, l’exclusion sociale et l’éducation — dans la priorité des entreprises. Pour ajouter à cela, ce sont les grands événements (Festival international de jazz de Montréal, Juste pour rire, etc.) et les gros organismes (OSM, Grands Ballets Canadiens, etc.) qui récoltent la part du lion en dons et commandites. Malgré l’importance de la culture dans la création d’emploi et le rayonnement international de Montréal comme métropole culturelle, le revenu moyen des artistes créateurs est inférieur à la moitié du revenu moyen montréalais. Ce sont donc eux les oubliés du financement privé.

L’événement GO-CA avait donc le mandat exigeant d’intéresser des gens d’affaires à de petits organismes afin de développer une curiosité, une expertise et finalement une collaboration des deux milieux. Les organisateurs ont largement insisté sur l’apport mutuel de l’expérience. Développé à l’origine par deux complices — Jacques Dostie, Ginette Noiseux — œuvrant «sur le terrain» depuis de nombreuses années au sein du Conseil d’administration du Théâtre ESPACE GO, le projet souhaite favoriser la rencontre concrète et dynamique entre deux secteurs d’activité. En tout, c’est une quarantaine d’employés des firmes Ernst & Young, McCarthy Tétrault, de la Banque Scotia, de BleuBlancRouge communications et de l’Association des agences de publicité du Québec qui sont venus rencontrer les organismes membres: L’Arsenal à musique, Centre de musique canadienne au Québec, Chants Libres, Innovations en concert, Productions SuperMusique, Productions Totem contemporain, Quasar, Quatuor Bozzini, Quatuor Molinari et Réseaux des arts médiatiques.

Outre GO-CA, le CAM développe depuis quelques années une gamme d’activités et d’outils pour favoriser le rapprochement arts-affaires (voir www.artsmontreal.org/fr/affaires/nos-actions). La Chambre de commerce du grand Montréal métropolitain conjointement avec le CAM et Montréal métropole culturelle, a d’ailleurs publié L’Art de s’investir en culture ( document pdf téléchargable). Ce guide à l’intention des gens d’affaires détaille la situation de la culture à Montréal en plus d’expliquer les avantages fiscaux associés au mécénat.

Danielle Sauvage, Pierrette Gingras, Jacques Dostie, Caroline Desvaux, Éric Gosselin

Danielle Sauvage, directrice générale du Conseil des arts de Montréal, et Pierrette Gingras, directrice générale du Le Vivier, remercient les mentors: Jacques Dostie chez Ernst & Young; Éric Gosselin chez McCarthy Tétrault; Caroline Desvaux chez Bleu Blanc Rouge et Guy Berthiaume chez Banque Scotia. Photo: Bruno Massenet

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